Jeanne Elisabeth, France, 2014

Mission directors: Marine Jaouen and Andrea Poletto



History

Le naufrage de la Jeanne-Elisabeth se place dans un contexte historique particulier de tensions extrêmes entre la France et la Grande-Bretagne. Ce conflit larvé aboutira quelques semaines plus tard à la Guerre de 7 ans, considéré aujourd'hui comme le premier conflit mondialisé. Les visées expansionistes des deux souverains les poussent à une lutte incessante pour le contrôle du commerce notamment maritime. Des bâtiments corsaires armés par Georges II, Roi de Grande-Bretagne, assaillent et dominent les navires français tant en Atlantique qu'en Méditerranée. Pour asseoir ses prétentions coloniales, Louis XV doit importer du métal précieux pour frapper d'avantage de monnaies. L'Espagne pourvoit ce métal-argent à son alliée française via la grande place commerciale que'est Cadix au milieu du XVIIIè siècle. La Jeanne-Elisabeth, naviguant sous pavillon neutre, est missionnée pour y charger 24600 piastres d'argent à destination de Marseille. Ce précieux chargement est camouflé dans une cargaison plus officielle de blé et différents produits comme le tabac ou des colorants textiles. Dans la nuit du 24 au 25 octobre 1755, une tempête drosse le navire à la côte, les bancs de sable mobiles du littoral languedocien ont raison du navire. La valeur du chargement poussent les propriétaires à tenter un sauvetage mais les frais engendrés dépasseront bientôt la valeur de la cargaison. Les piastres resteront prisonniers de la coque durant 250 ans. Depuis 2008 et suite au pillage effréné du site, le Ministère de la Culture et de la Communication par son Service à compétence National, le DRASSM, fouille le site de la Jeanne-Elisabeth. L'inventaire des objets issus des fouilles et des saisies judiciaires liées au pillage représente plus de 500 objets témoins de la culture matérielle à bord d'un navire marchand au milieu udu XVIIIè siècle.

Jeanne Elisabeth, excavation in 2014.

Le modèle 3D proposé ici représente une partie du massif arrière du navire (zone de l'étambot) et constitue l'étape première d'une tentative de restitution totale des structures encore préservées. L'acquisition des images sous-marines est réalisée par l'association Septentrion Environnement (Marseille). Le traitement photogramétrique est le fruit du travail de Pierre Drap pour le CNRS, Cette épave sera suivi dans le temps par des relevé photogrammétriques annuels, les éléments d'architecture navales seront utilisés comme terrain d'expérimentation pour le projet GROPLAN.

Excavation campaign 2015

L'objectif 2015 est de revenir sur le massif arrière insuffisamment dégagé en 2014. En effet les conditions d'ensablement et la découverte de l'ensemble monétaire de 3900 monnaies espagnoles ont ralenti l'avancement de la fouille. Une nouvelle zone de travail de 8 mètres par 10 a été circonscrite en englobant les fourcats et la dunette arrière. Cette zone arrière, vitrée, meublée est traditionnellement la zone de vie des officiers, les marins quant eux vivaient d'avantage dans la partie centrale du bateau. Les premiers résultats mesurés en directs sur le modèle 3D de la Jeanne-Elisabeth donnent une hauteur sous barreau de plus de 2 m attestant d'un confort certain. Les artefacts dégagés attestent aussi de la fonction "privée" du secteur fouillé: couverts, assiette à modèle unique, pièces détachées en vue de réparations (optique d'octant, cadenas et clés de meuble...), bouteille de Gin et verre à pied, flacon de pharmacopée, grenade à main, balles de pistolets, bourse en tissus contenant des monnaies...etc L'analyse des structures elles-mêmes restent encore conditionnée au dégagement: Cependant, deux pièces "majeures" sont apparues pour caractériser les formes arrières. Alors que l'arrière d'un tel navire de charges passe généralement pour rond, il apparaît qu'une voûte pourrait être possible.

The two campaign
Animation des deux fouilles.

Détail des ponts
Détail des ponts.

Ontologies, 3D pattern recognition and modeling


L'objectif de l'expérimentation est de créer un modèle 3D basé sur la connaissance, un modèle utilisable par les experts pour reconnaître les éléments qui constituent la structure du navire. Ce modèle peut etre construit seulement grâce à la collaboration entre les experts en relevés photogrammétriques et lex experts en archéologie. Au debut le modele 3D de le deux campagne de fouille ont été alignés et comparé (figure 1 e 2). Après pour reconnaitre des objets sur le modèle nous utilisons plus d'une méthode: les sections, la détection d'objets dans les images e le Non-Photorealistic-Rendering (NPR). La représentation NPR peut être utilisé au début pour identifier les types des artefacts archéologiques. Par example les planches de bois du pont (figure 3) sont dessinés avec quelques lignes de bord, mais ceux-ci sont suffisantes pour reconnaître la géométrie de l'élément. Ègalement la détection d'objets dans les orthophoto peut nous donner des informations sur la position des clous de bordage et d'aider à la reconstruction de la menuiserie.

éléments de la structure du pont
Détail des éléments de la structure du pont.


NPR
Modèle 3D Texturisé e NPR.

NPR
Modèle 3D Texturisé e NPR.