Anémone, Guadeloupe

Director: Jean-Sébastien Guibert




L'épave de l'Anémone


photo: Claude Michaud AAPA/UA

Le site de l’épave identifiée de nos jours comme l’Anémone a été repéré en 1990 par C. Édouard. Après une expertise du Drassm en 2002, une opération de sondage archéologique en 2015 puis de fouille programmée annuelle en 2016, ont permis de relocaliser l’épave et d’apporter des éléments probants d’identification du site (artillerie, mobilier archéologique, caractéristique de construction navale). Ces premières opérations ont confirmé les recherches en archives faisant état de la présence et du naufrage de l’Anémone, une goélette de la Marine royale à la Guadeloupe et aux Saintes au cours de l’hivernage 1824. Construite à Bayonne en 1823 l’Anémone sert au cours de la guerre d’Espagne puis est envoyée aux Antilles pour servir de navire du domaine. Elle est armée de deux caronades de calibre de 12 de type 1818, une trentaine d’hommes composent son équipage sous le commandement de Louis Guillotin. À la Guadeloupe elle participe à différentes missions dont le contrôle des côtes et la lutte contre le commerce illégal d’esclaves interdit en théorie depuis 1817. La présence des vestiges de cette épave aux Saintes est particulièrement intéressante pour étudier la culture matérielle d’un navire de la Marine royale au début du XIXe siècle mais aussi pour s’intéresser à la construction navale de ce type de navire peu connu d’un point de vue archéologique. En effet cette épave se trouve à la jonction du militaire et de l’économie de part ses fonctions, à la croisée des XVIIIe et XIXe siècles du fait de sa construction selon un plan type, et à la rencontre des traditions maritimes américaines, antillaises et basques. Ces éléments ont motivé la mise en œuvre d’une fouille archéologique pluriannuelle dans le cadre du projet Histoire et Archéologie Maritimes des Petites Antilles (HARCMAR) développé au sein du laboratoire AIHP GEODE de l’Université des Antilles.

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Le projet porte désormais sur l’étude de la culture matérielle et de la construction navale d’une goélette de la Marine royale de la période de la Restauration. Dans cette perspective, l’étude a nécessité une couverture photogrammétrique notamment pour mieux appréhender l’organisation du site et améliorer la précision des relevés et de la documentation. La couverture photogrammétrique a été confiée à Septentrion Environnement ; le traitement des données, au laboratoire LISIS de l’Université d’Aix-Marseille dans le cadre du projet ANR Groplan. L’opération réalisée en juillet 2017 a permis une étude exhaustive de la poupe de l’épave. Les vestiges laissent à ce niveau l’accès aux membrures et aux virures tribord ainsi qu’à la quille. Leur étude confirme une alternance de couples de levée doubles et des couples de remplissage simples. À quelques mètres c’est le safran qui a été découvert conservé dans sa quasi-totalité parce que protégé par le doublage en cuivre. Cet élément mesure 3 m sur 60 cm dans sa plus grande largeur et 17 cm d’épaisseur. L’opération 2017 a aussi permis la réalisation d’une couverture photogrammétrique de l’ensemble du site intégrant les objets en élévation situés à proximité de l’épave dont un four identifié comme un four à pain, tout en accordant une plus grande précision aux structures étudiées dans les sondages.

photo: O. Bianchimani AAPA/UA/ Septentrion Environnement